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À PROPOS DU « HARD LABOUR »


Il y a quelques jours, Le Gaulois a raconté l’effrayant et quotidien supplice que subit, dans sa prison, le malheureux Oscar Wilde. Ce récit qui, pourtant, n’est point fait pour émouvoir, et qui a toute la sécheresse impersonnelle et rapide d’un procès-verbal, vous hante comme l’Homme et le Pendule d’Edgar Poe ; la même terreur s’en dégage, avec cette aggravation que nous savons ne plus être dans la fiction littéraire, mais dans la réalité. Jamais un crime — si atroce soit-il — ne m’a causé de tels frissons d’horreur. Ce récit vous transporte hors du siècle, dans une époque lointaine et barbare, dans ce sombre moyen âge dont les chefs-d’œuvre n’ont pu effacer la tache rouge des tortures ni dissiper l’odeur de chair grillée des bûchers. La vision de cet infortuné et de mille autres martyrs obscurs, tournant la roue de supplice, avec cette terreur constante de