Page:Mirbeau - Les Écrivains (première série).djvu/108

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


Il s’écrit vraiment, en ce temps de lumière, de très curieuses choses. Bien entendu je parle de ce qui s’écrit dans la critique solennelle, influente et vénérée, qui va du reportage des soiristes légers et danseurs aux lourds et balourds arrêts des massifs écrivains de la Revue des deux mondes. Qu’elles s’expriment en calembredaines plates ou bien en prudhommies du poids de mille kilos, ce sont toujours les mêmes opinions, respectueuses des mêmes vieilleries. Une seule et même pensée de rétrécissement intellectuel circule sous la boîte crânienne des critiques. Ils n’ont qu’une âme pour eux tous et ils sont deux mille ; leurs gestes seuls diffèrent. Me permettra-t-on de faire une exception en faveur d’artistes précieux, qui, comme MM. Gustave Geffroy, Émile Hennequin, Gustave Kahn, ont une esthétique très nette,