Page:Mirbeau - Les Écrivains (première série).djvu/134

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On a mis quatre-vingts ans à découvrir que M. Jules Barbey d’Aurevilly était, non seulement un homme de grand talent, mais un homme de haut caractère. On a même patiemment attendu qu’il fût mort, mort réellement, mort sans chances de renaître, pour énoncer, de façon formelle, ces deux vérités éclatantes et tardives. Chacun lui rend justice aujourd’hui — il n’y a plus de danger à cela —, sauf deux écrivaillons qui en prennent fort à leur aise avec l’auguste disparu et tournent le portrait « à la blague » . Il est vrai que ces deux-là dont je parle, M. d’Aurevilly les avait, un jour, résumés par un de ces mots terriblement pittoresques qu’il avait et qui laissaient sur les amours-propres une indélébile empreinte. Enfin, nous assistons à un spectacle réconfortant. Durant toute sa vie, M. d’Aurevilly fut contesté, combattu, insulté,