Page:Mirbeau - Les Écrivains (première série).djvu/277

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Voici un étrange et curieux livre : Les Mal-vus, de M. Édouard Conte. Défilé parfois comique, le plus souvent tragique, toujours intéressant, de ce qui grouille d’inconnu, d’incompris et d’effrayant dans les dessous de la vie parisienne. Filles et souteneurs, tous les masques du proxénétisme, trafiquants de métiers bizarres ou terribles, l’épouvante de ce qui rôde, de ce qui s’embusque, et l’éclat de rire de ce qui dupe ; les multiples faces de la misère en révolte, de la misère résignée ; l’ingéniosité du crime, du vice, de la vanité, et le meurtre de tant de regards, M. Édouard Conte a noté tout cela, en reliefs saisissants, en vibrantes et profondes eaux-fortes. Mais il n’a pas été seulement le peintre vigoureux et sincère de ce monde ignominieux et touchant, il en a été, pourrais-je dire, le philosophe et l’intellectuel historien.