Page:Mirbeau - Les Écrivains (première série).djvu/53

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UN ENTERREMENT CIVIL


Murger agonisait. Un ami le prévint qu’un prêtre était là qui demandait à le voir un instant.

Le poète se souleva lentement sur son lit et d’une voix mourante :

— Un prêtre, murmura-t-il ? Dites-lui que j’ai lu Voltaire.

« Pauvre petit, ajoutait Veuillot, qui contait l’aventure, tu n’avais lu que M. About. »

M. About, qui passe pour avoir recommencé Voltaire, n’avait-il donc lu que M. About ? C’est bien possible. On vient de l’enterrer à son tour, et civilement, cela va de soi. Les obsèques ont eu lieu en grande pompe. Il y a eu quelques soldats, car il était décoré, quatre ou cinq académiciens, car il était de la maison, M. Jules Ferry, car il était athée, et puis des amis. Pour un homme d’esprit il faut convenir qu’il a eu