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PREMIÈRES IMMIGRATIONS

d’autres contrées, illustres au même titre. À en croire les recherches des antiquaires allemands, l’Angleterre, la France, l’Allemagne du Nord et la Scandinavie auraient été occupées, avant les migrations des peuples indo-germaniques, par un rameau de la branche tchoude[1], par un peuple nomade encore peut-être, vivant de la chasse et de la pêche, fabriquant ses instruments usuels avec la pierre, les os ou l’argile, se parant avec des dents d’animaux ou des bijoux d’ambre, ignorant l’agriculture et le travail des métaux. Dans l’Inde aussi, les migrations indo-germaines rencontrèrent devant elles une population de couleur brune et moins accessible à la culture. Mais vous chercheriez en vain en Italie les vestiges d’une nation autochtone dépossédée de son ancienne demeure, tandis qu’on rencontre encore ceux des Lapons et des Finnois dans les contrées celtiques et germaniques, ou ceux des races noires dans les montagnes de l’Inde. Vous n’y trouveriez pas davantage les débris d’une nation primitive éteinte, ces squelettes, singulièrement conformés, ces tombeaux, ces salles de banquet appartenant à l’âge de pierre de l’antiquité germaine. Rien jusqu’ici n’est venu faire croire à l’existence en Italie d’une race antérieure, à l’âge de l’agriculture, et du travail des métaux. S’il était vrai qu’il y ait jamais eu dans ce pays une famille humaine appartenant à l’époque première de la civilisation, à celle où l’homme vit encore à l’état sauvage, cette famille n’a laissé d’elle absolument aucun témoignage, si mince qu’il puisse être.

Les races humaines ou les peuples appartenant à un type individuel, constituent les éléments de la plus

  1. Ou appartenant a la grande famille boréale dite ongrienne, et venue des steppes européo-asiatiques du Nord. (V. Maury, la Terre et l’Homme, Paris, 1857, p. 381.)