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ET DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

pleine de dignité : il protestait contre la conclusion erronée qu’on avait tirée de ses paroles, et ajoutait qu’il ne consentirait à partir qu’après qu’on lui aurait soldé tout l’arriéré de ses appointements, ports de lettres, etc.

C’était là un argument auquel le ministre ne fut pas insensible ; son mécontentement avait d’ailleurs été exploité par les bureaux, et il entendait seulement donner un avertissement à l’ambassadeur. Dans ses dépêches suivantes, il ne lui parla plus de son rappel. Ce silence inquiéta le comte de Montaigu ; le bruit courait dans Venise qu’il était disgracié, et cette fausse situation lui était fort préjudiciable[1].

Il n’en continua pas moins à rendre service à l’armée gallispane, à laquelle il fournit dans un moment critique des vivres et de l’argent. Entre temps, il faisait agir ses amis auprès du marquis d’Argenson dont la rancune fut de courte durée. Le 23 août 1746, il rassurait l’ambassadeur par un billet extrêmement courtois, où il affirmait que le roi n’avait eu le dessein de le rappeler que parce qu’on le jugeait dégoûté de sa charge ; lui-même n’avait jamais blâmé que la forme et non le fond de ses dépêches.

D’Argenson confia également au cardinal de Tencin, son collègue dans le conseil, le soin de dire au chevalier de Montaigu que son frère pouvait demeurer

  1. Lettre de l’ambassadeur au maréchal de Noailles, 30 juillet 1746.