Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/156

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CHAPITRE XVI.


COMMENT LES LOIS DE LA RELIGION CORRIGENT
LES INCONVÉNIENTS
DE LA CONSTITUTION POLITIQUE.


D’un autre côté, la religion peut soutenir l’État politique, lorsque les lois se trouvent dans l’impuissance.

Ainsi, lorsque l’État est souvent agité par des guerres civiles, la religion fera beaucoup, si elle établit que quelque partie de cet État reste toujours en paix. Chez les Grecs, les Éléens, comme prêtres d’Apollon, jouissoient d’une paix éternelle. Au Japon [1], on laisse toujours en paix la ville de Méaco, qui est une ville sainte [2] ; la religion maintient ce règlement ; et cet empire, qui semble être seul sur la terre, qui n’a et qui ne veut avoir aucune ressource de la part des étrangers, a toujours dans son sein un commerce que la guerre ne ruine pas.

Dans les États où les guerres ne se font pas par une délibération commune, et où les lois ne se sont laissé aucun moyen de les terminer ou de les prévenir, la religion établit des temps de paix ou de trêves, pour que le peuple

  1. Recueil des voyages qui ont servi à l'établissement de la compagnie des Indes, tome IV, part. I, p. 127. (M.)
  2. Méaco ou Kioto dans l'ile Niphon, résidence de l'empereur ou Mikado.