Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/418

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CHAPITRE XV.


QU'IL EST BON QUELQUEFOIS QU'UNE LOI SE CORRIGE
ELLE-MÊME.


La loi des Douze Tables permettoit de tuer le voleur de nuit [1] , aussi bien que le voleur de jour qui, étant poursuivi, se mettoit en défense ; mais elle vouloit que celui qui tuoît le voleur criât et appelât les citoyens [2] ; et c’est une chose que les lois qui permettent de se faire justice soi-même, doivent toujours exiger. C’est le cri de l’innocence, qui, dans le moment de l'action, appelle des témoins, appelle des juges. Il faut que le peuple prenne connoissance de l’action, et qu’il en prenne connoissance dans le moment qu’elle a été faite ; dans un temps où tout parle : l’air, le visage, les passions, le silence, et où chaque parole condamne ou justifie. Une loi qui peut devenir si contraire à la sûreté et à la liberté des citoyens, doit être exécutée dans la présence [3] des citoyens.

  1. Voyez la loi 4, ff. Ad leg. Aquil. (M.)
  2. Ibid. Voyez le décret de Tassillon, ajouté à la loi des Bavarois, De copularibus legibus, art. 4. (M.)
  3. A, B. En la présence, etc.
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