Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t6.djvu/82

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CHAPITRE XXV.


CAUSE PRINCIPALE DE L’AFFOIBLISSEMENT
DE LA SECONDE RACE.
CHANGEMENT DANS LES ALEUX.


Charlemagne, clans le partage dont j’ai parlé au chapitre précédent [1], régla qu’après sa mort les hommes de chaque roi recevroient des bénéfices dans le royaume de leur roi, et non dans le royaume d’un autre [2] ; au lieu qu’on conserveroit ses aïeux dans quelque royaume que ce fût. Mais il ajoute que tout homme libre pourroit, après la mort de son seigneur, se recommander pour un fief dans les trois royaumes à qui il voudrait, de même que celui qui n’avoit jamais eu de seigneur [3]. On trouve les mêmes dispositions dans le partage que fit Louis le Débonnaire à ses enfants l'an 817 [4].

Mais, quoique les hommes libres se recommandassent pour un fief, la milice du comte n’en étoit point affoiblie :

  1. De l’an 806, entre Charles, Pépin et Louis. Il est rapporté par Goldast, et par Baluze, tome I, p. 430. (M.)
  2. Art. 9, pag. 443. Ce qui est conforme au traité d’Andcly, dans Grégoire de Tours, liv. IX. (M.)
  3. Art. 10. Et il n’est point parlé de ceci dans le traité d’Andely. (M.)
  4. Dans Baluze, tome I, p. 174. Licentiam habeat unusquisque liber homo qui seniorem non habuerit, cuicumque ex his tribus fratribus voluerit, se commendandi, art. 9. Voyez aussi le partage que fit le même empereur, l'an 837, art. 6, édit. de Baluze, p. 686. (M.)