Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/57

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le fort y passât, il faudrait que l’île entière se couvrît d’habitations. Il faudrait que sa population décuplât.

Nous sommes montés sur le rempart d’enceinte. Je regarde l’île. Il ne pleut plus, mais l’aspect est bien différent de celui d’hier. Sous le ciel noir, avec des coulées et des trouées grises, la terre semble basse, hostile et mystérieuse. Elle est entourée d’une eau foncée, opaque et lourde. La tristesse me saisit. J’imagine la désolation de cette petite terre, en hiver, dans les mauvais jours… Je pense au comte de Kéras. Que fait-il alors ? Que font sa femme et sa fille ?

— L’hiver, il reste là-bas, dit Roudil. Il ne va presque pas au village, dans les trous du chemin on a de l’eau jusqu’aux genoux.

Novembre, décembre, janvier : trois mois — au moins — dans cette tanière, sur cette pointe à côté de l’océan, au milieu des siffle-