Page:Montreuil - La légende du Lac au fantôme, conte canadien, paru dans Mon Magazine, janvier 1926.djvu/14

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Dédaignant la fureur des vagues,
Sans peur, il pousse son canot.
Sous la lune deux formes vagues,
Au loin, se dessinent bientôt :
C’est Homaba, rameur habile,
Qui, là bas, apparaît ainsi.
Et, près de lui, sombre et tranquille,
Ywosa semble à sa merci.
Mais les canots, enfin, s’abordent…
Zicahota, fier, s’est dressé.
Les deux rivaux luttent, se tordent…
Homaba tombe terrassé.
Vers Ywosa, sa tendre amante,
Zicahota s’est élancé…
Mais un spectacle d’épouvante
Fait hésiter le fiancé…
Là, du sein des eaux en furie,
Un nuage semble monter,
Comme une longue draperie
Que la brise vient tourmenter.
Et de cette vapeur flottante,
Légère écharpe, blanc linceul,
Sort une immense main sanglante…
Puis, Zicahota reste seul.
Horreur, vision affolante.
Ywosa lutte dans les flots…
Et de l’enfant la voix mourante
Crie un adieu dans ses sanglots…