Page:Morice - Aux sources de l'histoire manitobaine, 1907.pdf/111

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réponse des métis à l’appel qui leur est fait dans la proclamation de Son Excellence. Vous pouvez dire au peuple au nom duquel vous écrivez que Son Excellence reçoit avec grand plaisir les assurances sur lesquelles elle avait compté dans ses communications avec le Rév. Père Ritchot et dont votre lettre lui fait part, et qu’elle profitera de l’occasion la plus prochaine pour transmettre à Son Excellence le Gouverneur Général cette preuve de la loyauté et de la bonne foi des métis du Manitoba.

Son Excellence serait bien aise de recevoir le plus tôt possible une liste des noms des personnes de chaque paroisse qui désirent s’enrôler pour le service actif dans cette circonstance.

Son Excellence comptera sur leur promptitude à se présenter au moment voulu.

J’ai l’honneur d’être,
Messieurs,
Votre obéissant serviteur,
W.-Mg. Buchanan,
Agissant comme secrétaire particulier.

À MM. L. Riel, A.-D. Lépine, Pierre Parenteau


Cette lettre supposait-elle que le temps du danger était passé, et que par conséquent la coopération de l’élément français était devenue inutile par suite de procrastination ?



En effet, que pouvaient faire de mieux les chefs métis ? Si l’on considère la distance qui sépare certaines localités mentionnées dans la liste ci-dessus, on s’étonnera même que celles-ci aient pu être atteintes par les courriers du comité central en si peu de temps.

Du reste, ou appréciait si bien le concours des troupes métisses que, le lendemain même, cinquante de leurs cavaliers étaient envoyés dans le sud de la province, à la recherche des féniens qui s’y étaient, croyait-on, concentrés. Ce ne fut qu’au retour de ces éclaireurs qu’on apprit le fiasco des flibustiers américains, ce dont les historiens avec une cause à servir voudront bien prendre note.

Même les plus hostiles parmi ceux-ci se laissent d’ailleurs aller à des aveux qu’il est bon de relever. Par exemple, le paragraphe suivant de Tuttle va remettre les choses à point. Parlant de l’un des chefs féniens, il remarque :

Il était presque certain d’être reçu en ami par les métis français, et il est douteux si le Canada inspirait assez de sympathie aux métis anglais pour les porter à se faire battre pour lui, tandis que, la masse des volontaires