Page:Mousseau - L'envers du journalisme, 1912.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
114
L’ENVERS DU JOURNALISME

protestation. Pendant quelque temps, on put croire qu’une expédition allait être organisée pour aller faire le siège du palais épiscopal de l’évêque de London. Mais les croisades ne sont plus à la mode et tout se termina par les discours de Técumseh, tel qu’annoncé, et par une foule d’articles de journaux — non annoncés, — où on disait son fait à monseigneur Fallon, avec une âpreté qui a dû lui faire perdre l’appétit, — si toutefois il lit les journaux français.

Le propriétaire du journal où se trouvait Martin flaira un événement sensationnel dans cette assemblée et il résolut d’y envoyer un correspondant.

Il monta à la rédaction, le jeudi après-midi, prit Martin à part et lui demanda s’il était prêt à aller à Técumseh.

Martin répondit que oui.

« Vous savez, » dit-il à Martin, « je voudrais que vous m’en fissiez toute une page. » Martin se déclara prêt à faire ce qu’on attendait de lui. Le voyage fut donc décidé.

Martin alla chercher une « passe » au bureau du Grand Tronc, prit le train du soir et s’y installa, pour se rendre à Técumseh. Comme question de fait, c’est à Windsor qu’il se rendit, car le train n’arrêtait pas à Técumseh. Il arrêtait cependant à London, la ville épiscopale de monseigneur Fallon, que Martin eut fort envie d’aller interviewer. Il télégraphia donc au journal, pendant le trajet, pour demander ce qu’on pensait de l’idée. On lui répondit de continuer tout droit à Windsor.

Il demanda une voiture, en arrivant à l’hôtel