Page:Mullié - Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, II.djvu/412

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partit de Paris le 3 vers trois heures, fit 13 lieues en six heures avec 15 000 hommes armés, sans vivres, sans argent et huit pièces de quatre que M. Degousée, son ami et son aide-de-camp, eut la pensée d’enlever de Saint-Cyr. Dix autres mille hommes, ouvriers, étudiants, volontaires, suivaient ce convoi ridicule. Au reste, Pajol ne se dissimulait pas que si Raguse et Bordesoulle, qui commandaient les troupes royales, n’avaient pas oublié leur métier, son armée serait taillée en pièces. Un seul officier général lui avait offert ses services, c’était Excelmans ; un autre, le brave colonel Beauvais-Poque, commandait une partie de l’expédition. Tout tourna à l’avantage de Pajol, Charles X eut peur et suivit sa route avec précipitation. Pajol entra en vainqueur à Rambouillet, d’où il revint avec les chevaux et les équipages de la cour et un caisson contenant les diamants de la couronne. Le 26 septembre Pajol eut le commandement de la 1er division militaire. Le 19 novembre 1830 il fut appelé à la Chambre des Pairs. Le 29 octobre 1842 il fut remplacé dans sa division par Tiburce Sébastiani et mis en disponibilité.

Le brave et intrépide Pajol est mort le 8 mars 1844. Napoléon n’avait pas eu le temps de le faire maréchal. Les deux gouvernements qui lui ont succédé n’ont pas songé à acquitter cette dette sacrée.

PAMPHILE-LACROIX (FRANÇOIS-JOSEPH, vicomte de)

né à Aimargues (Gard), le 1er juin 1774, d’un père, juge au tribunal criminel du département de l’Hérault, reçut une éducation conforme à la position que sa famille avait dans le monde. Le 12 mai 1792, le jeune Pamphile entra dans le 14e régiment d’infanterie, ci-devant Forez, comme sous-lieutenant, et fit en cette qualité les campagnes de la Champagne et de la Belgique. Son courage, ses heureuses dispositions le firent appeler, en avril 1793, à l’état-major de l’armée du Nord, commandée par le général Dampierre. Il se rendit ensuite auprès du général de brigade Macdonald, commandant le régiment de Picardie, et remplissant alors les fonctions d’officier général sur les bords de la Lys. À partir de cette époque, et pendant dix années, ses services se lient intimement à ceux du chef illustre dont il fut avec justice l’officier de prédilection. Il se rendit digne de la confiance de Macdonald, par la valeur qu’il déploya sur les champs de bataille du département du Nord, de la Belgique, de la Hollande, de l’Italie, ainsi qu’à la prise de Terracine, où il eut la cuisse gauche traversée d’une balle. En récompense de sa brillante conduite dans cette journée, ce brave militaire fut élevé au grade de chef de bataillon. Il combattit avec non moins de distinction à l’attaque de Capoue et à la prise de Naples, où ses services lui valurent le rang d’adjudant-général. À la bataille de la Trébia, il prit le commandement de la division de réserve, qui présentait moitié de l’effectif de l’armée, et eut deux chevaux tués sous lui.

À la tête de ce corps il culbuta, aux combats de la Nuza et de la Duchessa, les colonnes ennemies qui voulaient couper la retraite de l’armée, leur enleva de vive force la ville de Reggio, s’empara ensuite, dans une attaque de nuit, de Sassuolo, et rouvrit ainsi à l’armée dé Naples les débouchés par lesquels elle effectua sa retraite par les défilés longs et étroits des Apennins, où elle eût pu trouver ses fourches Caudines. Un an après, l’adjudant-général Lacroix traçait autour de Bard, sur les rochers à pic d’Albaro déclarés impraticables, un sentier par lequel la fortune du premier Consul et des armées françaises redescendait en Italie et venait briller à Marengo