Page:Mullié - Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, II.djvu/521

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Lodi, il décida peut-être de la victoire en se jetant sur une colonne autrichienne qui menaçait la position. Le gouvernement lui écrivit deux lettres de félicitations à propos de sa conduite à San Giovani et à Lodi.

Chargé de garder Salo, il défendit cette place avec vigueur et y fut dangereusement blessé de deux coups de feu à la cuisse gauche le 11 thermidor. Il passa à l’armée de Rome le 22 germinal an VI. Il eut plusieurs commandements en Italie et fut attaché à l’armée de Naples aux ordres de Championnet.

Au mois de frimaire an VII, cette armée quitta les États-Romains pour se porter en avant. Rusca battit avec deux bataillons une colonne de 14.000 Napolitains à Torre-de-Palma, sur l’Adriatique (États-Romains), fit beaucoup de prisonniers, prit 32 pièces de canons et 40 caissons de munitions de guerre ; il fit 300 prisonniers à Monte-Pagano, et concourut à la prise de Naples. On reconnut ses bons services en le nommant général de division le 17 pluviôse.

Quand Macdonald eut succédé à Championnet et que la retraite eut été ordonnée, Rusca suivit le mouvement de l’armée. Il se trouva à la malheureuse affaire de la Trebia (20 prairial), où il déploya une grande valeur, et où il reçut deux coups de feu à la jambe gauche. Abandonné à Plaisance avec d’autres généraux blessés, il demeura prisonnier des Autrichiens pendant 20 mois.

Rentré des prisons de l’Autriche, le premier Consul lui confia le commandement de l’île d’Elbe, le 23 frimaire an X, commandement dans lequel l’Empereur le fit remplacer le 8 prairial an XIII ; il l’avait nommé membre de la Légion-d’Honneur le 23 vendémiaire an XII et commandant de l’Ordre le 25 prairial de la même année.

En l’an XI, il avait offert 600 francs pour concourir aux frais de l’armement qu’on préparait contre l’Angleterre. Remis en activité le 28 mars 1809 à l’armée d’Italie, il commanda une division dans le Tyrol.

Envoyé dans la Carniole contre Chasseller, il le rencontra près de Villach, le battit, lui fit 900 prisonniers et le força à une retraite précipitée.

Après la paix de Vienne, l’Empereur le fit baron.

Il resta en disponibilité jusqu’au 20 janvier 1814, époque de sa nomination au commandement de la 2e division de réserve de Paris. Nommé commandant en chef du camp de Soissons le 12 février, Rusca fut frappé mortellement le 14 sur les remparts de cette ville.

Le 15, les Russes, qui s’étaient rendus maîtres de la place, rendirent les honneurs funèbres aux restes de ce brave général.


RUTY (Charles, Étienne - François), comte

lieutenant-général d’artillerie, naquit à Besançon (Doubs), le 4 novembre 1774. Lorsqu’il eut terminé ses études, il entra à l’école d’artillerie de Châlons et en sortit avec le grade de sous-lieutenant le 6 octobre 1793. Admis le 6 octobre comme lieutenant en second dans le 2e régiment d’artillerie à l’armée du Nord, Ruty fut blessé à Comines d’un éclat d’obus à la jambe, dans un combat qu’il soutint pendant plusieurs heures contre une batterie de l’ennemi. Il passa ensuite à l’armée de Rhin-et-Moselle, où il obtint le grade de capitaine le 4 ventôse an II.

Au siège de Kehl, dans une attaque de vive force faite par les Autrichiens contre un ouvrage avancé du camp retranché, il tint avec quelques canonniers de sa compagnie dans le saillant de cet ouvrage, fut atteint d’une balle qui lui traversa la mâchoire, et terrassé par la violence du coup, il ne dut la vie