Page:Musset - Œuvres complètes d’Alfred de Musset. Nouvelles et Contes II.djvu/331

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V


Quand le chevalier arriva au château, un suisse était encore devant le péristyle :

— Ordre du roi, dit le jeune homme, qui, cette fois, ne redoutait plus les hallebardes ; et, montrant sa lettre, il entra gaiement au travers d’une demi-douzaine de laquais.

Un grand huissier, planté au milieu du vestibule, voyant l’ordre et le sceau royal, s’inclina gravement, comme un peuplier courbé par le vent, puis, de l’un de ses doigts osseux, il toucha, en souriant, le coin d’une boiserie.

Une petite porte battante, masquée par une tapisserie, s’ouvrit aussitôt comme d’elle-même. L’homme osseux fit un signe obligeant : le chevalier entra et la tapisserie, qui s’était entr’ouverte, retomba mollement derrière lui.

Un valet de chambre silencieux l’introduisit alors dans un salon, puis dans un corridor, sur lequel s’ouvraient deux ou trois petits cabinets, puis enfin dans un second salon, et le pria d’attendre un instant.

— Suis-je encore ici au château de Versailles ? se