Page:Musset - Œuvres complètes d’Alfred de Musset. Nouvelles et Contes II.djvu/93

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dant que vous étiez dans les bois. Votre secret peut-il s’apprendre ?

— Oui, me répondit le rossignol, mais ce n’est pas ce que vous croyez. Ma femme m’ennuie, je ne l’aime point ; je suis amoureux de la rose : Sadi, le Persan, en a parlé. Je m’égosille toute la nuit pour elle, mais elle dort et ne m’entend pas. Son calice est fermé à l’heure qu’il est : elle y berce un vieux scarabée, — et demain matin, quand je regagnerai mon lit, épuisé de souffrance et de fatigue, c’est alors qu’elle s’épanouira, pour qu’une abeille lui mange le cœur !

FIN DE L’HISTOIRE D’UN MERLE BLANC.

Il n’y a pas une seule page de ce conte qui ne renferme, sous la forme d’une piquante allégorie, quelque peinture de mœurs d’une vérité frappante, ou quelque trait de critique littéraire plein de raison et de verve gauloise. Les souffrances, les déceptions, les chagrins des poètes en général, et ceux de l’auteur en particulier, y sont présentés gaiement sous des allusions si transparentes que nous ne ferons pas au lecteur l’injure de lui en donner l’explication.

L’Histoire d’un merle blanc a paru pour la première fois dans les Scènes de la vie privée des animaux, ouvrage publié par livraisons et illustré par le crayon de Grandville.