Page:Mussotte - De la cellule normale et pathologique.djvu/30

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maladie ; les autres ont soutenu le contraire. On a fait la même chose avec l’ichor cancéreux, liquide résultant du ramollissement du cancer, sans réussir à faire développer ce dernier. Mais si les uns ont réussi et les autres échoué, nous trouvons l’explication de ce constraste dans les belles expériences que M. Chauveau a publiées dernièrement. D’après ce savant physiologiste, l’action du virus ne résiderait pas dans les liquides, mais dans les granulations que ceux-ci contiennent. Or, en inoculant l’ichor cancéreux, il se pourrait que ce dernier ne renfermât pas de granulations, et par conséquent fût impuissant à faire développer la maladie, puisque c’est dans celles-ci que réside le spécifique virulent. On s’est demandé d’où provenaient ces granulations virulentes, et si celles qui sont enfermées dans les cellules l’étaient aussi ? On peut répondre par l’affirmative. En effet, au début il n’existe aucune granulation libre dans les tumeurs ; toutes sont contenues dans les éléments cellulaires, en voie de multiplication dans son intérieur ; c’est ensuite par la dissolution de la membrane celluleuse que les granulations deviennent libres.

On peut dire que toute cellule pathologique renferme dans son intérieur des granulations jouissant de propriétés spécifiques. Une cellule normale qui entretient la vie et concourt à la formation des tissus, ne pourra être comparée à la cellule pathologique renfermant un principe destructenr donnant la mort aux tissus qui l’entourent.

E.-F. MUSSOTTE.