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l'enfant qui s'accuse 895

— Ma vraie pensée... c'est que je ne l'ai pas pris. C'est tout. Je le quitte pour n'avoir pas l'air d'accueillir

trop facilement sa rétractation, mais j'ai peine à ne pas être impressionné par l'accent même de cette phrase dans laquelle l'enfant semble n'avoir placé aucun espoir, qu'il a prononcée sans aucune insistance. On croirait qu'il y tenait à peine.

Je raconte tous ces détails aux Dolet, aussi soucieux que moi de toute cette aventure. La peine qu'ils ont prise pour cet enfant les a attachés à lui. Ils ne souhaitent que de croire à son innocence. Mais toutes les circons- tances s'enchevêtrent de la façon la plus déroutante.

— Ainsi, dit Dolet, je lui ai fait montrer l'endroit de l'étable où il avait, pendant un jour, caché le porte-mon- naie, et il me désigne précisément le seul coin où je n'avais pas cherché.

— Quelle est son attitude ?

— Comme tous les jours. Personne ne lui a fait d'en- nuis. Il parle à table et rit comme d'habitude. On a autant de peine à se le figurer coupable, qu'innocent faussement accusé.

— Il ne s'est ouvert à personne au sujet des accusa- tions portées contre lui ?

— Non, il n'en parle pas. Il faut dire qu'il n'a guère confiance en personne. Il a peur de ses parents. Il s'ima- gine que nous sommes contre lui.

— Oui, mais ses camarades ? J'admets très facile- ment que le brigadier lui ait fait peur et que, dans la crainte d'être emmené à D..., il se soit accusé, simplement pour éviter le danger immédiat. Mais comment se fait-il qu'un garçon aussi débrouillard, aussi hardi, n'ait pas

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