Page:NRF 15.djvu/847

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Reçue, et que pour continuer à tout prix il n’y a pas à choisir que nous restions tous ensemble,

Parce que je tiens de toutes parts et que c’est moi par mon nom que l’on affronte

Et que c’est vrai qu’on m’a frappé, de tant d’âmes créant cette âme qui refuse la honte !


Et de même aux grandes heures pour chacun de nous de l’épreuve, et du doute, et du danger.

Quand la mort heurte à petit bruit à nos portes, mais pas autant que nous lui sommes préparés.

Quand le Fort Ennemi nous attaque, pas autant que nous avons de ressources pour lui répondre,

Quand le capitaine salue pour la dernière fois la mer en biais du haut de son navire qui s’effondre.

Quand, le kilomètre qu’on lui avait donné comme sa part gagné et toute l’armée qui se lève pour le suivre,

La victoire pour le chef de section est si grande qu’il y aurait eu injustice à lui survivre,

Quand la nuit chargée de soupirs s’achève et le problème du savant est résolu,

Quand le sculpteur voit le premier sourire sur le visage de sa statue.

Quand la tentation pied à pied repoussée s’éloigne et dans le ciel du matin luit une lampe solennelle.

Quand nous nous arrachons à ce qui passe à cause de ce qui est éternel.

Alors dans une plénitude qui au-dessus de toute satisfaction est la paix.

J’entends une voix qui dit : Ô mon fils, connais ce père qui t’a fait !