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Page:NRF 15.djvu/87

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BEAUTÉ, MON BEAU SOUCI Si

voulant l'étonner à son tour, dominait peu à peu son émoi, et allait jusqu'à risquer des compliments ou des agaceries, qui faisaient sourire Edith. Mais c'était tout juste s'ils osaient se regardera la dérobée ou parfois, — c'étaient leurs grandes audaces, — profiter de quelque petit incident du goûter pour se frôler les doigts.

Et puis l'enfant n'était pas toujours bien disposée à l'é'gard de Marc. Le premier dimanche, quand ils en étaient à leur second ou troisième baiser, Queenie, entendant les pas de sa mère qui se rapprochaient, s'était écartée de lui en murmurant:

— Que c'est contrariant !

Et Marc, encouragé par ce dépit si naïvement montré, avait profité de la prochaine occasion pour l'embrasser plus étroitement qu'il n'avait encore osé le faire et, pen- dant tout le reste de la soirée, Queenie avait paru très offensée, ou du moins elle avait montré tant de froide indifférence, que Marc avait eu l'impression qu'après cela il ne serait plus pour elle que ce monsieur étranger dont sa mère était l'intendante.

Elle boudait encore le dimanche suivant et avait laissé passer volontairement deux occasions de donner à Marc ce baiser qu'il avait attendu toute la semaine. Quand il s'était approché d'elle, elle était restée immobile et avait secoué la tète, lentement et résolument... Il n'avait eu que le temps de murmurer :

— Au moins, dites que vous me pardonnez ?

Et comme M™"= Crosland entrait, il s'était mis à parler très haut du beau temps qu'il faisait. Comme c'était cruel de la part de Queenie ! et quel monstrueux gas- pillage de bonheur !

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