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94^ LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Au cours d'une carrière déjà longue et à la dignité de laquelle on se plaît à rendre hommage, M. René Ghil n'avait suscité que des imitateurs honteux. Voilà qu'il lui est né sur le tard de déclarés disciples. Leur organe est la revue Rythme et Synthèse et les plus notoires d'entre eux sont M. Charles Cousin et M. Jamati, donc l'enthousiasme est exemplaire et le prosélytisme désintéressé.

ROGER ALLARD

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��ANTHOLOGIE CRITIQUE DES POÈTES NOR- MANDS DE 1900 A 1920, par Charles-Théophile Fe'ret, Raymond Postal et divers auteurs (Garnier).

Voici une excellente publication et qui devrait susciter parmi nos provinces une émulation féconde.

L'auteur de ce chef-d'œuvre inconnu, LaNonnatidie exaltée était bien qualifié pour l'entreprendre. Légitimement orgueil- leux de sa race, Charles-Théophile Féret est un de ces nor- mannistes intégraux qui ne pardonnent pas à la Révolution d'avoir annexé une province que le traité de Clair-sur-Epte donnait au domaine de la couronne. Il constate avec amer- tume que Rouen n'est plus une capitale ; ni Caen « la source des beaux esprits ». Mais il rappelle la part prépondé- rante prise par les Normands à la formation de la langue d'oïl. « Nous avons le droit, écrit-il fièrement, de prendre le nom de la race dont nous nous réclamons, même si nous ne jouissons pas d'une langue à noustousseuls. D'une langue qui devrait s'appeler le normand plutôt que le français, si l'on mettait en balance les deux apports, si l'on comptait et mesurait les génies qui l'ont fécondée.

Au surplus la langue n'est pas le seul élément dont il faille tenir compte dans la formation d'une littérature, le sang, même un peu le sol nourricier, c'est la source de la sensibilité. »

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