Page:NRF 1909 10.djvu/11

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


NATIONALISME ET LITTERATURE 243

la curiosité et peut-être certaine inquiétude ambiti- euse et passionnée proposent une aventure plus har- die s'en prennent à ces terres nouvelles — sans être moins Français pour cela.

Et je sais de reste, hélas ! à quel romantisme confus aboutit cette inquiétude lorsqu'elle n'est point maîtrisée; l'œuvre d'art exige une ordonnance, mais qu'ordonner sinon ces forces tumultueuses encore? Sur quoi nos disciplines s'exténueront-elles, sinon sur ce qui leur regimbe ? Qu'ai-je affaire de ce qui s'exprime aisément ! J'en veux mortel- lement à toute théorie qui ne m'enseigne pas un emploi suffisant de ma force et de ma vertu. Je languis dans les contrées trop salubres et sais que c'est d'abord au dragon qu'on reconnaît les Hes- pérides.

O terrains d'alluvion ! terres nouvelles, difficiles et dangereuses, mais fécondes infiniment! C'est de vos plus farouches puissances, et qui n'écouteront d'autre contrainte que celle d'un art souverain, que naîtront, je le sais, les œuvres les plus merveil- leuses. Je sais que vous attendez après nous. Que m'importent dès lors les Trianon les plus parés et les plus solennels Versailles ! Je ne laisserai pas habiter dans mon cœur plus de regret que d'espé- rance, et ne retiendrai du passé que l'encourage- ment au futur.

�� �