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CHARLES BLANCHARD 463

Chaque seconde en tombant l'enfonçait plus avant dans ces sentiments, il semblait que chaque heure donnât la consigne à l'heure qui la suivait et que les jours poursuivissent un but qui était de l'étouffer sous cette vase que chacun d'eux déposait sur sa tête avant de se retirer. Il en vint même de plus chargés, de plus épais que ceux qu'il avait reçus à l'âge de sept ans, il en vint qui, par leur poids, le courbaient comme un vieillard et le pous- saient à croire qu'il ne pourrait pas les porter longtemps.

Il vint des jours d'hiver. Lorsque Charles Blanchard avait sept ans, il ne lui semblait pas qu'il eût traversé un seul hiver, à la fin de chaque année il n'avait remarqué qu'une chose : c'est qu'une année bien longue venait de s'en aller.

A l'âge de neuf ans, peut-être était-il las d'avoir porté tant de jours, il lui sembla que son fardeau s'accrût et que sur ses épaules se posait encore une chose qui s'appelle l'hiver.

L'hiver était tout d'abord et premièrement une saison pendant laquelle il fait froid. L'hiver était si froid qu'il était nécessaire que l'on allumât du feu. Solange Blanchard attendait jusqu'au dernier moment, elle résistait pendant une semaine, pendant un jour encore, elle ne voulait pas croire à la mauvaise saison, elle disait :

— Nous ne sommes qu'au commencement de

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