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��DU VERS FRANÇAIS

��Des esprits épais peuvent seuls s'étonner, quand un peu de passion anime un débat sur l'art litté- raire. 11 ne me paraît nullement ridicule, mais réconfortant au contraire, que trois lignes touchant le vers français m'aient valu deux longues et vives répliques. 1 Ces lignes pourtant continueraient de me sembler fort innocentes, si elles ne prêtaient à méprise par l'oubli d'un mot important qu'ici je tiens à rétablir, entre crochets, en citant tout d'abord le texte incriminé. — Parlant de certaines pièces de Goethe, écrites en vers inégaux non rimes :

" Ce sont là, — disais-je, — des vers libres, dont nous ne possédons point l'exact équivalent. Le vers français [traditionnel] étant déterminé par la rime, les césures et le nombre des syllabes, le moindre écart implique une révolution^ quun système bien arrêté pourra seul préserver du caprice absolu. Au contraire, la métrique allemande est fondée avant tout sur l'accent ; le vers libre l'assouplit donc sans

1 V. dans la Phalange du 20 septembre, p. 423 : le Mois du Poète, par Oméga ; et dans la Nouvelle Revue Française du 1" novembre, la lettre de Henri Ghéon.

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