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1 66 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Achetez-vous si souvent, Non un pain qui vous repaisse, Mais une ombre qui vous laisse Plus affamés que devant ?

" Le pain que je vous propose Sert aux anges d'aliment: Dieu lui-même le compose De la fleur de son froment. C'est ce pain si délectable Que ne sert point à sa table Le monde que vous suivez. Je l'offre à qui veut me suivre. Approchez. Voulez-vous vivre f Prenez, mangez et vivez."

L'âme heureusement captive Sous ton joug trouve la paix, Et s'abreuve d'une eau vive Qui ne s'épuise jamais. Chacun peut boire en cette onde : Elle invite tout le monde ; Mais nous courons follement Chercher des sources bourbeuses Ou des citernes trompeuses D'où l'eau fuit à tout moment.

Est-ce beau ! Jérôme, est-ce beau ! Vraiment trouves-tu cela aussi beau que moi 1 Une petite note de mon édition dit que Madame de Maintenon entendant chanter ce cantique par Mlle d'Aumale parut dans Y admiration,^ jeta quelques larmes" et lui fit répéter une partie du morceau. Je lésais à présent par cœur et ne me lasse pas de me le réciter. Ma seule tristesse ici, est de ne pas te l'avoir entendu dire.

Les nouvelles de nos voyageurs continuent à être fort bonnes. Tu sais déjà combien Juliette a joui de Bayonne et de Biarritz, malgré V épouvantable chaleur. Ils ont depuis visité Fontarabie, se sont arrêtés à Burgos, ont traversé deux

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