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104 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

France est de bonne compagnie. Il se soucie toujours des autres, et n'attache sans doute pas grand prix à ce qu'il ne peut pas leur montrer. Du reste, je le soupçonne de n'exister pas beaucoup, en retrait de ce qu'il nous montre. Il est tout en conversation, en rapports. Ceux qu'il fréquente lui savent gré d'être introduits d'abord dans le salon et dans le cabinet d'étude; ce sont des pièces de plain pied.

Il écrit, et rort justement :

" Tout ce qui ne vaut que par la nouveauté de tour et par un certain goût d'art vieillit vite " — mais ailleurs : "Je dirai que, s'il n'y a pas proprement de style simple, il y a des styles qui paraissent simples, et que c'est précisément à ceux-là que semblent attachés la jeunesse et la durée (Le Jardin d'Epicure, p. 107). Ce en quoi je crois qu'il se trompe, et dénonce au contraire incidemment le défaut de son propre style, et sa promesse de vieillissure :

L'exigence de la sincérité entraîne toujours (et en peinture et en musique également) certaine contention de style, de métier, qui forcément doit paraître tout d'abord préciosité, recherche, artifice même — simplement à ne pas verser dans le convenu. Je ne sache pas qu'un seul grand styliste (en littérature, en peinture ou en musique), ait échappé à cette accusation première. Leur " bien écrire " est toujours tenu d'abord pour une recherche assez vaine, par tous ceux qui n'aiment pas être dérangés dans leurs habitudes d'ceil, d'oreille et de pensée. Et cette accusation, au bout de peu de temps, doit paraître incompréhensible, tant, en fin de compte, leur naturel prévaut.

Certes, je ne prétends pas que toute préciosité d'art

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