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NOTES 119

LE ROMAN D'UN MOIS D'ÉTÉ, par Tristan Bernard.

(Ollendorf).

Il me semble que déjà on a beaucoup parlé ici de M. Tristan Bernard. Mais comment résister au plaisir de le saluer, fût-ce en répétant les mêmes louanges, quand il nous apporte un roman aussi délicieux et simple que le Roman d'un mois d'Été ?

M. Tristan Bernard est un des rares écrivains de notre temps dont on ne parvienne pas à se lasser. On se lassera d'Anatole France et de ses sourires à la Voltaire, de Jules Renard même excellent, même indemne de cette passion politique, si déplacée dans son art, d'Abel Hermant aussi, bien qu'il ait cent façons de rafraîchir son ironie. Car on se lasse de tout art, et du plus exquis, où la trouvaille personnelle, non pas même encore devenue procédé, s'affiche au premier plan et dit " c'est moi " quand on l'a déjà reconnue. Il est impossi- ble d'admettre, qu'après tant d'oeuvres diverses, M. Tristan Bernard n'ait pas déjà une manière, et les procédés inhérents à cette manière. Mais ces procédés, il les cache. Il est le plus modeste de tous nos auteurs.

Quel récit dans l'ensemble plus " bon enfant ", plus gris, plus neutre, que le Roman d'un mois d'Été ! Quoi ! voilà tout l'effet que M. Tristan Bernard a voulu tirer d'une invention si charmante ? Mais oui ! Et tant d'esprit, et tant de mots d'esprit, il les perdra dans la trame de son récit, comme s'il n'y attachait pas d'importance, comme s'ils naissaient de la même source médiocre, banalement. De sorte que ce qui est le comble de l'art de conter, nous paraît être le don même. Voici : la politesse est faite. Mais qui résistera, le mois pro- chain, au plaisir de saluer le Danseur inconnu ?

H. G.

LA CARTE AU LISÉRÉ VERT, par G. Delahache. (Cahiers de la Quimaine).

Voici à proprement parler le premier exposé de la question d'Alsace, livre nu, livre dense, qui par la simple justesse de la

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