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��JOURNAL DE LA

VINGTIÈME ANNÉE

��Le rire ! Combien cela est complexe, et combien d'éléments en lui !

Il n'est pas compréhensif, et correspond aux actions se suffisant à elles-mêmes, ri admet point d'au-delà. C'est un geste de la chair pure, et comme tel les grosses actions charnelles le font naître. Il correspond à une harmonie s'établissant entre l'être et des actions (le gros rire bestial pour les choses sales) — mais dès qu'il y a recherche, effort, le rire ne peut naître. L'incompréhension et le rire ne sont-ils pas parents ? C'est ce qui fait que les pauvres d'esprit rient tant, parce que tout acte ou toute parole existe à leurs yeux, par soi-même, sans raison, rien qu'avec un geste.

Qui a dit : " La raillerie est souvent de l'indi- gence d'esprit " ? Le côté drôle des choses est un côté inexpliqué, et devant cela, celui qui ne voit pas de raison, celui qui ne peut prouver sa vitalité ou sa présence en expliquant le fait, se met à rire, et c'est ce rire qui lui prouve à lui-même son existence en face de ce qu'il voit (car en somme l'homme a

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