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tout entier dans le sujet qui fait rire, et dans le cas en question on reste soi-même douloureux, et l'on ne peut.) 16 septembre 1895.

Projet de nouvelle : Celui qui ne peut subir l’automne. Un monsieur qui s’excite et se crispe aux premiers jaunissements des feuilles. Il s’autosuggestionnerait à cela, et viendait le moment de départ pour des pays où ce n’est pas encore l’automne. — Puis, un jour revenant sur lui-même pendant un automne, il serait très étonné d’en avoir souffert jadis, il le supporterait maintenant et constaterait que c’est pour ne pas avoir voulu s’écouter qu’il a fait ainsi. 16 sept. 1895.

Un essai d’analyse du dégoût et de la débâcle intime d’un jeune homme : il est assis dans une grande prostration, une fatigue en son être moral, et un avachissement en son être physique.

Son âme a perdu l’habitude de l’espoir. Des chocs et des élans vers des avenirs ont épuisé sa force vitale. Les faits sans succès de son passé lui ont fait prendre un grand pli de doute à tout, un regard morne qui scrute et ne voit bien que le sombre. Il a la sensation de l’impuissance de son milieu, et même de l’impuissance de lui dans ce milieu. A quoi user les vingt ans ? Les élans