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246 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

plus écrire que des livres, mais je sais penser, et cela vaut mieux. La solitude m'est très bonne. Je ne sens pas le besoin de causer, je mûris comme un fruit qui sait bien que son temps viendra. Je n'ai de nouvelles de personne depuis que je t'ai écrit. Je partirai sans doute le 1 5 pour Autun. J'y resterai quelques jours. A bientôt. Ton

Louis

��IV

��A Lucien Jean

(après la publication du PÈre Perdrix)

Mercredi. 1902

Mon vieux Lucien, tu n'avais pas besoin de me dire que tu retournais à l'animalité. Tu as écrit " whisky " wisky. Ça m'a fait bien de la peine. Je me console à la pensée que ton fils a eu un prix d'orthographe, je crois, et que cela sauvera la race. Pour toi, tu es déjà sacrifié.

Je suis chez moi. J'ai fait quelques petites dépenses et j'ai apporté ici tout ce qu'il fallait pour briller : un complet noir, élégant et sobre, des chapeaux dernier genre et des boutons- chaînettes en doublé or pour mes manchettes. Il y a aussi une canne plaquée d'argent, en bois de laurier (déjà !) et des cravates ! !... Ton fils n'oseï plus me tutoyer.

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