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27° L A NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

II

LA PETITE VILLE

La petite ville qu'habitait Charles Blanchard n'était pas une de ces cités remuantes dans lesquelles des usines, des magasins, des auberges font circuler des hommes, des femmes et des camions par bandes- et déterminent une activité qui donne un peu peur aux enfants. C'était une de ces bourga- des, comme on en voit dans les provinces du Centre, qui, entourées par la campagne comme une maison par un jardin, se complaisent dans une situation aisée et prennent le temps de respirer le bon air. Les rues étaient larges, les maisons blanches, seule la fumée du foyer domestique montait dans l'azur ; elle ne parvenait pas à trou- bler un ciel immense et profond qui occupait une grande place et qui, comme on le dit en langage familier, commençait là où finissaient les toits.

Les promenades que fit Charles Blanchard dans sa ville natale peuvent être comparées, quant à leurs résultats, à ces beaux voyages au cours des- quels on apprend qu'il existe d'autres hommes, d'autres saisons, d'autres bonheurs. Le soleil, comme Dieu, régnait en plein milieu du monde, et

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