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294 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

moi ; heureusement fort en avance, car là nous apprenons que le train de 8 h. 15 part de la gare de Lyon. Hélas ! combien d'autres amis, mal informés ainsi que nous, ne pourront trouver le temps de gagner l'autre gare comme nous faisons aussitôt. Nous n'en voyons pas un dans le train qui nous emmène. Pourtant plusieurs s'étaient bien promis de venir.

Tout la nuit il a plu et soufflé grand vent ; à présent l'air plus calme est tiède ; la campagne est trempée ; le ciel uniformément désolé.

Nos billets sont pris pour Moulins. Consultant l'indi- cateur que j'achète à Ne vers, je constate que pour gagner Cérilly il faut encore, de Moulins, trois ou quatre heures d'un petit train musardeur, plus un long temps de dili- gence ; et que ce petit train, quand nous arriverons, sera parti. Le trajet sera-t-il faisable en voiture ?

A Moulins nous essuyons les refus de trois loueurs ; la distance est trop grande ; c'est une automobile qu'il nous faut. La voici ! Nous nous lançons dans la campagne. L'air n'est point froid ; l'heure est belle. En un instant le vent essuie notre fatigue, notre tristesse même, et parlant de Philippe nous disons : si tu nous regardes de quelque endroit du ciel, que tu dois t'amuser, à nous voir ainsi courir après toi sur la route !

Beau pays qu'ont désolé l'hiver et l'averse ; au bord violet du ciel que les verts des pacages sont délicats !

Bourbon l'Archambault. C'est ici que vivent ta sœur jumelle et ton beau-frère, pâtissier. Ah ! voici le char funèbre qui s'en retourne de Cérilly... Le soir tombe. Nous entrons au petit village à peine un peu avant la nuit. L'auto s'est garée dans la remise de l'hôtel où nous avons

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