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FERMINA MARQUEZ 377

peur de quitter la cour, en dépit des règlements, pour aller fumer dans le parc, et maintenant, à plus forte raison... Il fallut rentrer en étude. Cette fin de récréation ne ressemblait pas à toutes les autres ; la vie était toute changée ; chacun de nous sentait en soi-même son espé- rance, et s'étonnait de la trouver si lourde et si belle.

��III.

��Nous nous disions : Si quelqu'un doit l'avoir, c'est Santos qui l'aura, à moins que Demoisel, ce sauvage, ne la prenne de force dans un coin du parc. Iturria lui-même comprit qu'il devait surveiller le nègre, tout en faisant sa cour à " la Fermina ". Du reste, nous trouvions le moyen d'être toujours une dizaine près des jeunes filles.

C'était assez facile : après nous être montrés pendant quelques minutes dans la cour des récréations, nous nous échappions, en sautant la barrière à claire-voie et en nous glissant, courbés, entre les feuillages des massifs. Pendant ce temps des gosses faisaient le guet.

Dans le parc, nous retrouvions le petit Marquez en promenade avec sa tante et ses sœurs, nous lui disions bonjour ; nous faisions de beaux saluts aux dames. Peu à peu, nous en vînmes à accompagner, en groupe, Marna Doloré et ses nièces. Mais nous étions toujours sur le qui-vive et prêts à nous cacher dans les taillis à la pre- mière alerte, car, certains jours, les surveillants faisaient du zèle et nous donnaient la chasse.

Ces promenades étaient très agréables. Les jeunes filles parlaient peu, mais nous les sentions près de nous, et Marna Doloré nous contait de belles histoires de son

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