Page:NRF 3.djvu/438

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


42 8 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

maisons, deux " amateurs " également peu distants l'un de l'autre et tous deux de lui-même, ce n'est point (il nous l'a prouvé maintes fois) qu'il " n'ose dire" ouvertement son sentiment sur Dieu, les hommes et les choses ; mais bien parce qu'ainsi présentée sa pensée pourra paraître plus osée.

Avec la tournure d'esprit que voici, qui fut avant et après Voltaire celle de bien d'autres, il y a de grandes chances pour que la pensée la plus injurieuse paraisse aussitôt la plus vraie. Et comme elle flattera toujours quelque faiblesse, quelque paresse ou quelque ignominie, hypocrite paraîtra tout aussitôt celui qui refuse d'en convenir.

C'est par quoi M. de Gourmont se rattache aux Encyclopédistes ; il serait plus curieux, mais il est aussi moins aisé, de marquer par quoi M. de Gour- mont en diffère. Je n'y parviendrai sans doute qu'incidemment.

Voltaire était soutenu par son époque ; voici M. de Gourmont trahi par la sienne ; on dirait qu'elle y met de la malice, et travaille à lui faire inventer une nouvelle forme de dépit. Il écrivait en novembre 95, non sans quelque solennité :

" L'essence d'une religion, c'est sa littérature. Or la littérature religieuse est morte. " Le Sagesse de Ver- laine n'était qu'un accident, une de ces exceptions qui ne sont là que pour " confirmer la règle. " Mais depuis ! A la seule librairie du Mercure de

�� �