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FERMINA MARQUEZ 497

calcule froidement ses chances, l'idée seule que vous existez, Fermina, suffit à consoler tous les petits garçons qui se sont couchés avec un cœur gros parce qu'ils ont été punis pour la première fois, ou parce qu'un camarade plus fort qu'eux les tyrannise... Et il est certain, encore, que toutes les paroles des romances argentines et des

habaneras ont été écrites pour vous

Le lendemain, à la première récréation, lorsque le petit Marquez s'approcha de lui, Léniot connut tout ce qu'un jeune homme éprouve lorsqu'un enfant, son camarade, l'aime de tout son cœur. Mais enfin, c'était un rôle qu'il jouait, et il ne daigna pas s'attendrir. Quelques horions distribués à propos rebutèrent les persécuteurs de Marquez. Deux semaines plus tard, à la suite des événements rap- portés plus haut, il se trouvait en possession de toute l'affection et de toute la confiance que Marna Doloré pouvait donner à un étranger ; seul compagnon de la famille pendant ses promenades au parc de Saint- Augustin ; et, presque aussitôt, seul confident de Fermina Marquez.

��X.

��Marna Doloré laissa bientôt les jeunes gens tête à tête; ils l'ennuyaient. Elle se promenait lentement, entre Pilar et son neveu, fumant, parlant fort peu. Elle avait dit à Joanny et à Fermina :

— Vous parlerez français, n'est-ce-pas ? Il faut abso- lument que la chica apprenne à parler sans fautes. "

Joanny acquiesça volontiers à ce désir. Parlant sa propre langue, il avait deux avantages sur son interlocutrice : il pouvait nuancer à l'infini ses propos ; et il pouvait la

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