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55i

��POEME

" L'âme des poètes lyriques fait réellement ce qu'ils se vantent de faire. "

Platon.

Midi sonne au clocher de la tour sarrazine : Un calme épanoui pèse sur les collines ; Les palmes des jardins font insensiblement Un geste de furtif et doux assentiment. Le vent a rejeté ses claires arbalètes Sur la montagne, entre la neige et les violettes. Les rumeurs des hameaux ont le charme brouillé D'une vague, glissant sur de blancs escaliers.

— O calme fixité, que ceint un clair rivage, D'être l'Amour, au centre indéfini des âges ! — Un noir cyprès, creusé par la foudre et le vent, Balancé dans l'air tiède, officiant, rêvant, Semble, par sa débile et céleste prière,

Un prophète expirant, entr'ouvert de lumière.

— Aérienne idylle, envolement d'airain,

La cloche au chant naïf du couvent franciscain Répond au tendre appel de la cloche des Carmes. L'olivier, argenté comme un torrent de larmes, Prolonge, en se courbant sous les placides cieux, L'humble adoration des cœurs minutieux...

— Quel vœu déposerai-je en vos mains éternelles,

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