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MAGNIFICAT 559

Et voici déjà le sixième mois de celle qui était appelée stérile.

O combien mon cœur est lourd de louanges et qu'il a de peine à s'élever vers Vous,

Comme le pesant encensoir d'or tout bourré d'encens et de braise,

Qui un instant volant au bout de sa chaîne déployée

Redescend, laissant à sa place

Un grand nuage dans le rayon de soleil d'épaisse fumée !

Que le bruit se fasse voix et que la voix en moi se fasse parole !

Parmi tout l'univers qui bégaie, laissez-moi préparer mon coeur comme quelqu'un qui sait ce qu'il a à dire,

Parce que cette profonde exultation de la Créa- ture n'est pas vaine, ni ce secret que gardent les Myriades célestes en une exacte vigile ;

Que ma parole soit équivalente à leur silence !

Ni cette bonté des choses, ni ce frisson des roseaux creux, quand sur ce vieux tumulus entre la Caspienne et l'Aral,

Le Roi Mage fut témoin d'une grande prépara- tion dans les astres.

Mais que je trouve seulement la parole juste, que j'exhale seulement

Cette parole de mon cœur, l'ayant trouvée, et que j e meure ensuite, l'ayant dite, et que j e penche ensuite

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