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594 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAIS]

marcher. Elle ne s'arrête jamais, que lorsqu'elle s< sent trop fatiguée. Alors, pour qu'elle parte de nouveau avec une provision de courage, on réconforte, on la remonte.

Le jour, c'est à peine si on l'entend, si Toi prend garde à elle. Car tous les bruits du dehoi entrent dans la maison par la fenêtre, par la porte ouvertes, et, quand elles sont closes, l'hiver, par la cheminée. Il y a toujours quelqu'un qui passe son chemin, une femme qui crie, une voitun qui roule. Mais c'est la nuit que l'on entend vivn toute la maison. Les cloisons craquent. Il tressaille: c'est comme si son âme, elle aussi, tout-à-coup craquait. Les rats courent au-dessus du plafond, dans le grenier. Le grenier! C'est tellement au- dessus de la terre qu'il touche presque au ciel. Jamais Pas-comme-les-autres n'y est encore monté. Il lui aurait fallu grimper le long d'une échelle plus longue que celle de Jacob. Il sait qu'il y a du bois, de la paille, des fagots. Les rats doivent être bien heureux au milieu de tout cela. Ce sont de gentilles bêtes, souples, gracieuses. Pourquoi leur tend-on des pièges ? Ils ne font de mal à personne. Ils s'amusent la nuit, comme moi le Jeudi. Toutes les nuits, c'est Jeudi pour les rats.

Voici la ville avec ses différents quartiers dont aucun ne ressemble à l'autre. Il y en a de tristes et de gais, de lointains où il va, joyeux, parce qu'il y a des arbres, des jardins, de la lumière autour

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