Page:NRF 3.djvu/618

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


608 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

ses élèves, l'instituteur de Maine-et-Loire en fait autant, on ne voit pas bien à quoi sert renseigne- ment primaire (étant admis qu'il doit avoir une efficacité morale et qu'il ne peut pas et ne doit pas rester neutre) ni surtout comment, à la faveur de cette discorde sans cesse et comme à dessein aggravée par l'éducation (puisque les écoles dans ce système ne seront que le prolongement des familles en querelle) vivra la civilisation française que Barrés tient à conserver. Il faut donc que l'instituteur choisisse entre ces familles qu'anime une inspiration si différente. Barres l'aide-t-il dans ce choix ?

Assurément ; et quant à lui son opinion est bien nette. Jaurès, attristé, lui aussi, par ce qu'il y a de verbal et d'arrogant dans l'esprit du jeune institu- teur, voulait, comme Barrés, mettre ce sectaire au contact des réalités. Il proposait qu'on lui permît d'entrer dans les syndicats ouvriers. Barrés repousse cette solution. L'éducation doit être fai- seuse de calme et les syndicats ouvriers sont révolutionnaires. C'est au contact des familles françaises " bien réglées " que l'instituteur, peu à peu, fera son éducation morale ; et par familles bien réglées Barrés entend celles qui observent la tradition catholique française. — Ce concordat avec les familles, c'est donc bien, au bout du compte, un concordat avec l'Eglise. Mais c'est vraiment un concordat à la manière de Napoléon ; c'est-à-

�� �