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remment l'intelligence, "c'est le roman d'une élite contemporaine imposant aux foules la loi de sa science active ". Plus précisément, c'est au triple point de vue social, économique et moral, l'histoire et la mise en scène de l'influence exercée, tant sur les hommes que sur les choses, à Cuba, aux Etats- Unis, en Egypte et ailleurs, par une association de financiers franco-américains, dont les entreprises partout suscitent l'or, la vie, les passions et le drame. Entre les mains d'un si puissant évocateur, on prévoit de quels développements, de quelles applications, cette donnée était susceptible, quels conflits serrés et tragiques elle pouvait soulever, si pour élargir son action, M. Paul Adam n'avait évité de la circonscrire, de la situer en quelque débat personnel et déterminé, si moins prévenu des idées générales qu'il se réserve d'en déduire, l'auteur s'était davantage occupé d'engager notre intérêt dans les circonstances dont son récit tout de suite se complique et qui ne sauraient avoir aucune signification, puisqu'aussi bien nous sommes sur le terrain de la fiction, qu'à la condition que notre sympathie et notre raison en puissent démêler à mesure l'opportunité et la logique liaison.

Qu'on ne croie point surtout que le Trust soit une œuvre abstraite, affranchie de tout contact avec le monde sensible et qui du jeu seul de la pensée tire toute son animation. Loin d'y faire défaut, l'élément concret domine et d'abord s'im-

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