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l'art de m. HENRY BERNSTEIN 579

quille des yeux fixes et ne sait plus qu'organiser son suicide. Il est déchu avant d'avoir perdu, et on sait d'avance qu'il ne s'arrêtera pas de jouer lorsqu'il aura perdu ce qui lui appartient. Lisez le récit de Chacéroy dans la Rafale: "...naufrager un beau soir autour d'un tapis vert, comme un galopin, comme un neurasthénique, comme un rien du tout..." Comme sonneront faux, ensuite, leurs déclarations qu'ils sont en marge du monde et possèdent une doctrine à part ! Aucun n'a d'intérêt sérieux dans la vie, et 1' "instinct de vivre," lui aussi, n'apparaît si puissant en eux que parce qu'il est seul.

Ce joueur-là nous servira de guide à travers tout le théâtre de M. Henry Bernstein. 11 en est le meilleur et la raison d'être. Ses passions nous expliqueront le choix des sujets et la logique des dénouements ; elles ne sont ni " primitives," ni "modernes," mais simplement déréglées. L'héroïne a moins de chance encore ; la femme, dans la vie de notre héros, ne remplira qu'un rôle essentiel- lement passif et monosyllabique... Cet amour instinct, pourquoi l'auteur l'a-t-il maquillé, chargé de convention et affublé d'un lyrisme irréparable ! Au début de la Griffe^ Cortelon amoureux, dans toute sa force, n'est guère différent déjà du vieil- lard que l'idée fixe rendra dément au dernier acte. Mais il est seul authentique ; en regard de lui, Vincent Leclerc, qui nous fait le récit de sa victoire

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