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I068 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

On salue au contraire une familiarité mobile, une ivresse toute dionysiaque dans P Amoureux de M. Fernand Divoire.

Un jeune homme amoureux qui narre son souci:

O la pauvre petite histoire ! Dis-la pourtant, dis-les tes vingt ans sans victoire

Tes illusions méritoires. Tout était libre en toi, mais vide aussi.

Des sentiments et peu d'images, mais ici c'est le rhythme qui transfigure les mots :

Ah ! prie Que d^un coup de fer rouge pénétré

Tu cries Et qu^une douleur te fasse cabrer.

Ah ! prie et crie ! Arrache-toi de ton cercueil

Gris, morne et tiède Pleure a genoux pour qiCa ton aide

Vienne Porgueil.

Par le rhythme se développe, s'aère et se resserre la pensée. M, Divoire a plaisir à tirer tout un ballet d'une in- dication de Laforgue ; il est gai et mélancolique ; il sait pleurer, rire et se faire aimer ; son poème est un roman et danse juste, Laforgue n'a pas assez de disciples comme celui-ci.

C'est Mallarmé que M. Alexandre Gaspard Michel' a choisi pour maître ; il sait tasser le vers, ménager l'enjambement qui fait image ; il a une sorte de calme rêveur qui est à lui :

' Ciiarie (Ed. Baguenier Désormaux).

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