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I08 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

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��LES FOLIES FRANÇAISES OU LES DOMINOS,

ballet. (Théâtre des Arts).

Une façade de palais crépie d'un rose mort, deux étages de colonnes et de croisées, qu'un rideau d'arbres nous empêche de suivre jusqu'au toît ; un vaste péristyle à degrés de marbre vert sombre, qui la longe de bout en bout : et là se tiennent, comme en un tableau de Guardi, les masques, hommes et femmes, en tricorne, mantille et domino, assistant de loin au plaisant manège d'Arlequin, de Colombine et de Pierrot : un joueur de vielle passe ; les masques entrent dans la danse et l'éternel drame d'amour et de coquetterie se joue entre eux, prétexte exquis à déployer les soies puce, chaudron, amarante, écarlate, et vert émeraude, et violet, et or, des dominos flottants, bouffants, envolés dans le rhythme, et qui se marient sobrement, délicatement, dansle jour qui baisse et sous les premiers rayons de lune. Voilà pour nous un divertissement princier et du goût le plus rare, grâce à M. Maxime Dethomas qui, dans cette nouvelle sorte d'art, est passé maître ; pas un écart, pas une aigreur, pas une gaucherie à relever. M. Rouché qui sait varier nos plaisirs — et les siens propres, ne pouvait avoir une meilleure idée que de prier M. Inghelbrecht d'orchestrer ces quelques pièces de Couperin, M. Laloy d'affabuler ce ballet au gré des rhythmes et M. Dethomas d'habiller en Vénitiennes, à la Guardi, ces Folies-Françaises. Une reprise du Palais de Han, le curieux drame chinois, de M.Laloy, dans les décors et les extraordi- naires costumes de M. René Piot, permit à M. Charles DuUin de donner son vrai caractère au personnage de l'empereur, qu'un précédent interprète, trop jeune, avait un peu trop affadi : c'est un acteur de premier ordre.

H. G.

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