Page:NRF 7.djvu/215

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DANIEL DE FOE 2O9

... Jusqu'au jour où, chassé par l'adversité, repoussé par la vie hostile, rentré à nouveau dans Londres, du côté de Paternoster Row et de Saint Paul où sont les libraires, tu rencontras William Taylor. En ce beau jour de Tan 17 19, William Taylor revenait sans doute de Change- Alley, la rue où se trafiquaient, ardemment, entre spéculateurs, les actions de la Banque de la Mer du Sud. Et il était riche, William ! Il était gai, opulent ! L'on entendait tinter de l'or dans son gousset, sur son ventre orné de breloques.

Ce fut comme quand la chance vous sourit, comme quand le hasard vous fait un signe familier.

Délibérément tu entras dans la boutique aux livres ; sous ton manteau tu pris le paquet lié d'une ficelle, entouré de vieux numéros à'Apple- bee s journal et The Life and surprising adventure of Robinson Crusoé, le long et singulier récit tracé, d'une écriture fine, fiévreuse et serrée, tu le plaças sous les yeux de Taylor.

Ce n'était pas un poète, ce Taylor ; non, non, un marchand tout au plus ! Toi qui avais été bonnetier et mercier, jadis, dans Cripplegate, tu voyais cela à ses façons. D'un geste qu'il s'eiForçait à rendre indiflférent, Taylor saisissait le manuscrit, et, maintenant, tel un vrai bonnetier ou mercier, il le tâtait, il le palpait, il le flairait presque, comme on fait d'un vieux drap, d'une étoflfe qui a passé !

�� �