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LE LOISIR DE CAGLIARI 337

Hassan, l'ayant appris, demande à Achmet que l'esclave français dessine des fleurs sur des voiles, lesquels la belle Elvire pour charmer son ennui, doit broder. Et voici naturellement qu'intervient le langage des fleurs :

Il fit ce que le roi, ou plutôt ce qu* Elvire lui avait com- mandé, il ordonna les dessins, il les remplit de fleurs dont la couleur pâle avait quelque rapport à son amour ; ce n était partout que pensées, que soucis, que violettes ; si l*on y voyait quelques boutons de roses, ils étaient presque étouffés sous Us épines qui formaient une chaîne, dont deux cœurs, placés au milieu du mouchoir, étaient étroitement unis.

Bien plus, Zelmis apportant lui-même son œuvre à Baba-Hassan persuada celui-ci qu'il devait indi- quer lui-même les couleurs à la brodeuse. L'amou- reux fervent doute-t-il de quelque chose ? Il arrive auprès de la Provençale, et lui donne des rendez- vous d'amour : qu'Elvire prenne le frais sur la terrasse, et Zelmis sera en bas à peindre. On ne pourra se parler, on se verra du moins. Et même l'on correspondra par billet attaché à une flèche. Du romanesque, vous dis-je, et déjà romantique.

Zelmis envoie les flèches, Elvire répond par des pierres enveloppées de papier qui sont des projectiles de message. Encore que traitée en sultane favorite et désirée, et selon les mœurs françaises, par un prince charmeur, un de ces turcs comme Musset en ressuscitera d'après la turquerie du dix-huitième, un prince qui se pique d'obtenir

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