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DE JEAN-JACQUES 933

trême conséquence. Avec la musique, la rêverie, la nature, le don amoureux de soi-même sont entrés dans l'art d'écrire, et n'en sont plus sortis. Une certaine langueur, un besoin d'effiision et de con- fidence ; une ardeur tendre, une pensée qui caresse et qui appelle les baisers de l'assentiment ; une sorte d'invitation à recueillir les idées sur le fré- missement des lèvres : une tristesse et une joie également trempées d'émotion sensuelle ; un doux aveu de la chair, comme si le cœur et l'esprit ne pouvaient plus être séparés.

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��Qu'est-ce enfin cette nature, qu'il invoque sans cesse, et si amoureusement ? Le plus souvent, et en toute candeur, la campagne opposée à la ville. La nature, c'est la vie moins la conscience : la vie moins l'homme, puisque l'homme est la conscience. Pour Rousseau, l'homme est surtout la conscience sociale. Je dirais qu'à son oreille, l'homme est un texte de loi, et la nature un chant. Il rêve que l'homme chante, et qu'il tienne sa partie dans le chœur.

Les musiciens semblent toujours ou fous ou femmes, aux gens de lettres qui sont philosophes, haineux et politiques.

Comme aux yeux de Jean- Jacques la nature est surtout la campagne, dans le peuple il aime les

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