Page:Nansen - La Norvège et l'Union avec la Suède, trad Rouy, 1905.djvu/64

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la norvège et l’union avec la suède

Cette situation a naturellement été une source de mécontentement en Norvège, surtout après qu’il fut admis que le principe de la responsabilité ministérielle devait être étendu aux Affaires étrangères. Mais jusqu’en 1885 une égalité relative de situation fut conservée entre les deux royaumes, concernant le ministre des Affaires étrangères, celui-ci étant également en Suède une sorte de ministre personnel du roi.

D’après la Constitution suédoise de 1809, le roi, suivant l’usage de cette époque, avait la direction personnelle des affaires diplomatiques mais il n’avait pas le droit de les soustraire aussi complètement qu’en Norvège à l’examen du conseil des ministres. Dans certains cas, le ministre des Affaires étrangères devait faire un rapport sur les affaires extérieures à un conseil dit « ministériel », c’est-à-dire composé, outre le ministre des Affaires étrangères, d’un seul ministre suédois ; dans d’autres cas il devait faire un rapport au conseil des ministres au complet. Il s’ensuivit que les affaires diplomatiques concernant les deux royaumes furent traitées de la même manière que les affaires exclusivement suédoises. Cette situation fut un peu améliorée par le décret de 1835, d’après

    personnel du roi, et celui-ci en profitait pour faire gérer les Affaires étrangères des deux pays par un ministre autrichien. Afin d’éviter tout malentendu, on doit peut-être faire remarquer en même temps que l’union entre la Norvège et la Suède n’a jamais été d’une nature aussi intime que l’union entre l’Autriche et la Hongrie, et que la communauté n’a jamais été aussi développée entre les deux premiers qu’entre les deux autres pays.