Page:Nemo - L’Amitié, 1884.djvu/21

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



CHAPITRE III

L’Amitié, seule généralement reconnue.


Plusieurs, remarque l’éloquent Tullius, méprisent la vertu et soutiennent qu’elle n’est qu’ostentation et charlatanisme.

D’autres, contents du simple nécessaire, ne font nul cas des richesses. Quelques-uns regardent les honneurs comme choses vaines et frivoles, tandis que l’ambition de beaucoup en est irritée.

De même de tout le reste.

Ce qui, aux yeux de celui-ci, est élévation et grandeur, n’est aux yeux de celui-là que petitesse et néant.

Touchant l’amitié, il n’est qu’une voix, qu’un sentiment : savants, philosophes, guerriers, hommes attachés au foyer domestique, hommes de plaisirs même, s’il leur reste quelque lueur de bon sens et d’honnêteté, tous conviennent que, sans l’amitié, nulle est la vie.

Apparaît-elle, reposant dans une âme élevée autant que belle, pure comme, aux premiers rayons du soleil, l’étincelante goutte de rosée dans le calice d’une fleur ;